Plus belle la mort : enquête sur les rites funéraires à la Préhistoire

Quand la Préhistoire nous parle de l’au-delà !
Comment les hommes et les femmes de la Préhistoire disaient-ils adieu à leurs proches ?
Quels gestes, quels rites, quels symboles ont-ils inventés pour accompagner leurs morts ?
La nouvelle exposition de la Cité de la Préhistoire, labellisée Exposition d'intérêt national par le ministère de la Culture, entraîne le visiteur dans une enquête au cœur des pratiques funéraires de nos ancêtres. Un parcours documentés avec des objets authentiques et inédits issus de fouilles opérées dans le Sud-Est de la France.

Illustration ©Tom Joseph

Rites funéraires : la Préhistoire déterre ses secrets

Au cœur du Grand Site de France de l'Aven d'Orgnac, la Cité de la Préhistoire invite à explorer les grandes questions de l’humanité et aujourd'hui nous montre comment l’archéologie, et en particulier la Préhistoire, éclaire notre compréhension de la mort, du deuil et des liens entre les vivants et les défunts. Cette exposition, accessible à tous, propose un parcours interactif et immersif : dispositifs de manipulation, fac-similés d’objets archéologiques, modules pour construire un mini-dolmen ou créer sa propre urne funéraire. Autant d’approches sensibles et pédagogiques pour comprendre les gestes, les croyances et les rites qui ont traversé les millénaires. 

De mai 2026 à novembre 2028. Tout au long de l’exposition, un programme d’événements (conférences, ateliers, animations…) viendra enrichir la visite et prolonger la réflexion, à découvrir ici.

sepulture-de-cuges-les-pins- renaud-lisfranc-inrap.jpg
Sépulture paléolithique de Cuges-les-Pins

Ce que nous disent les tombes ? 

Plus belle la mort propose une approche à la fois sensible et scientifique de notre rapport à la mort. À travers l’étude des pratiques funéraires préhistoriques, l’exposition explore la manière dont les sociétés anciennes envisageaient la disparition, la mémoire et le lien entre les vivants et les défunts, des interrogations qui résonnent encore aujourd’hui.

Le parcours s’appuie sur la présentation de sites majeurs du Sud-Est de la France, dont certains inédits, issus notamment de fouilles menées par l’Institut national de recherches en archéologie préventive (INRAP). Il propose aussi des objets inédits sortis des réserves de la Cité de la Préhistoire, notamment pour parler des dolmens et des sites de l'âge du Bronze. Les collections et données archéologiques présentées illustrent la richesse des découvertes régionales et la diversité des gestes funéraires. 

De l’inhumation en fosse aux sépultures collectives mégalithiques, des bûchers funéraires aux manipulations post-mortem, jusqu’à certaines pratiques de cannibalisme, ces rites ont traversé les millénaires. Ils témoignent de pratiques codifiées, sans doute collectives, par lesquelles les vivants accompagnaient leurs morts. 

fac-simile-cabrials.jpg
Fac-similé de la sépulture de Cabrials réalisé par Lythos

au fil du temps !

En Ardèche, l’Abri Moula (Soyons) révèle des traces avérées de cannibalisme néandertalien, tandis que la ZAC des Vigneaux (Cuges-les-Pins), fouillée par l’INRAP, a livré une exceptionnelle inhumation paléolithique en plein air.
Dans la Drôme, la sépulture collective des Iboussières (Malataverne) témoigne d’un univers symbolique riche, marqué par des dépôts sélectionnés et de nombreuses parures. À Saint-Paul-Trois-Châteaux, le site des Moulins interroge l’existence possible de « morts d’accompagnement ».
Le Néolithique est illustré par les rares crémations des Bagnoles (L’Isle-sur-la-Sorgue, Vaucluse), la sépulture mégalithique de Cabrials (Béziers, Hérault) et l’hypogée des Crottes (Roaix, Vaucluse), creusé dans la roche.
À l’âge du Bronze, l’aven Janna (Saint-Privat-de-Champclos, Gard) livre des pratiques singulières : dépôts de « mauvais morts », ossements déplacés, possibles doubles funérailles.
Autant de découvertes qui révèlent la complexité des gestes, des croyances et des rituels mis en œuvre par les sociétés préhistoriques pour accompagner leurs défunts.

sepulture-cabrial_tom-joseph.jpg
Scène funéraire reconstituée à partir du site de Cabrial, présenté au sein de l’exposition ©Tom Joseph

Une exposition conçue pour 
tous les publics  

Pensée pour tous les publics, l’exposition propose un parcours interactif mêlant manipulation, expérimentation et réflexion.
Les visiteurs peuvent toucher des fac-similés d’objets, construire un mini-dolmen, composer une urne funéraire ou encore mener l’enquête grâce à deux grands dispositifs ludiques consacrés à la taphonomie* et aux sciences qui étudient les sites funéraires. Observation, manipulation et jeu permettent de comprendre concrètement le travail des archéologues.
Un espace d’expression en fin de visite invite chacun à partager son propre regard sur la mort. Dans cet espace, l'association Le Ressort contribue à introduire un regard contemporain sur la mort, à travers dispositifs d’expression libre et la diffusion d'extraits, en écoute à la fin de l'expo, de témoignages recueillis par l'association.
Des visites guidées, des ateliers et un livret jeune public viendront compléter l’expérience.

Un programme de rencontres sur le thème de l'exposition
Conférences et table ronde réuniront chercheurs (archéologues, ethnologues…) et professionnels du funéraire afin de croiser les regards sur la mort, d’hier à aujourd’hui (+ d'infos).

* La taphonomie est l'étude des processus biologiques et géologiques qui affectent les restes d'organismes après leur mort, jusqu'à leur découverte en tant que fossiles.

sepulture-cuges_tom-joseph.jpg
Scène funéraire reconstituée à partir du site de Cuges-les-Pins, présenté au sein de l’exposition ©Tom Joseph

Des partenaires engagés

L’exposition s’appuie sur le soutien scientifique et culturel de nombreux partenaires.
L’Inrap participe au comité scientifique et aux événements. L’Inrap est un établissement public placé sous la tutelle des ministères en charge de la Culture et de la Recherche. Il assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique en amont des travaux d’aménagement du territoire. Il réalise chaque année plus de 2 000 opérations archéologiques (diagnostics et fouilles) pour le compte des aménageurs privés et publics, en France métropolitaine et outre-mer. Ses missions s’étendent à l’étude scientifique des données relevées sur le terrain et à la diffusion de la connaissance archéologique au public le plus large.

Les services régionaux d’archéologie de Provence Alpes Côtes d'Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et plusieurs musées (Saint-Paul-Trois-Châteaux, Marseille, Soyons) prêtent des objets pour enrichir le parcours.

Le comité scientifique rassemble archéologues, paléoanthropologues et anthropologues, couvrant toute la chronologie préhistorique et les apports ethnologiques*.

L'association Le Ressort propose sur son territoire - le sud de l’Ardèche - des projets insolites autour de thèmes universels. Il dessine un univers et des dispositifs singuliers pour collecter des paroles intimes dans l’espace public. Depuis le printemps 2024, Le Ressort explore le vaste et délicat sujet de la mort, en lien notamment avec l'exposition Plus belle la mort ! Pour découvrir le programme d'actions proposés notamment par ce partenaire, consultez notre rubrique "événements"

Parler de la mort, c’est toucher au sensible, à l’intime, à notre humanité.
La Gardienne, Le Ressort
3logos.jpg

Exposition d'Intérêt national 2026
Conçue en partenariat avec l'Inrap

Poursuivre l'expérience au Musée national de la Préhistoire des Eyzies