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C'est par un tunnel artificiel composé de
220 marches que l'on accède à la 1ère
salle aménagée située à
55 mètres de profondeur. C'est la lueur naturelle
provenant du puits d'entrée, qu'on appelle
un aven, qui accueille le visiteur. Le cône
d'éboulis, visible immédiatement,
provient de la seule entrée naturelle de
la grotte et se forme de tout ce qui tombe de l'extérieur
: cailloux détachés par le gel ; terre
et feuilles amenées par la pluie ; restes
d'animaux tombés accidentellement ou jetés
dans l'aven
Creuser dans ce cône c'est
comme remonter le temps : on trouve en surface des
os d'animaux domestiques jetés par les paysans
et plus profondément, des os d'animaux aujourd'hui
disparus de notre région. Les rennes et les
bisons vivaient ici pendant la dernière époque
glaciaire qui s'est terminée il y a 12.000
ans. On trouvera des informations complètes
sur cette époque en visitant le Musée
Régional de Préhistoire.
C'est par cet aven
que les premiers explorateurs, sous la conduite
de Robert de Joly, sont descendus le 19 août
1935. Ils avaient été guidés
jusqu'à l'entrée par les villageois
qui connaissaient l'aven depuis toujours mais n'avaient
jamais osé y descendre.
La première
salle possède des dimensions exceptionnelles
: elle mesure 125 mètres de long et 90 mètres
de large, soit un peu plus d'un hectare de superficie.
Les plafonds atteignent 30 mètres de hauteur.
Les cristallisations sont ici d'une profusion et
diversité remarquable où des stalagmites
gigantesques côtoient des formations d'une
extrême finesse.
Il y a environ 6 millions d'années, la partie
profonde de la grotte était occupée
par une rivière souterraine qui a creusé
une galerie dans la roche calcaire. Le dernier arrêt
de la visite permettra d'admirer cette galerie originelle.
Si l'eau peut creuser de tels volumes souterrains
c'est parce que le calcaire est légèrement
soluble dans l'eau. Les eaux de pluie, enrichies
en gaz carbonique par leur passage dans les sols,
deviennent corrosives et élargissent les
nombreuses fissures, pour la plupart invisibles,
qui affectent la roche.
La forme des stalagmites est parfois a l'origine
de leur nom : les " piles d'assiettes ".
On ne les trouve que sous les plafonds les plus
hauts car leur forme est liée à l'écrasement
des gouttes sur le sommet de la stalagmite. Si les
gouttes tombent de moins haut, leur vitesse est
moindre et les stalagmites ont des formes différentes
: ce sont les " cierges " d'une grande
finesse.
Dans cette partie de
la grotte, à côté des "
piles d'assiettes ", se sont formées
des stalagmites d'un type différent : les
" palmiers " dont la hauteur peut atteindre
15 mètres. Parmi ceux-ci, la " pomme
de pin " (11 mètres) est devenue le
symbole d'Orgnac. Comme les " piles d'assiettes
", les " palmiers " se sont formés
sous de hauts plafonds mais avec un débit
d'eau plus important. Les nombreuses éclaboussures
produites par l'éclatement d'un filet d'eau
au sommet de la stalagmite ont déposé
du calcaire sur ses flancs provoquant la croissance
des " pétales ".
A gauche, à
quelques mètres en avant de la paroi, un
rideau de stalactites a rejoint les stalagmites
situées dessous pour former le " buffet
d'orgues ". Au centre on aperçoit l'urne
funéraire de Robert de Joly, l'inventeur
de la grotte. C'est lui qui, peu avant sa mort en
1968, avait demandé à reposer dans
l'aven d'Orgnac.
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Après l'enfoncement des eaux souterraines,
la voûte a commencé à s'effondrer.
Des blocs se sont accumulés sur le fond de
la galerie, formant le sol actuel des premières
salles, et le plafond de la grotte s'est rapproché
de la surface. Ces blocs sont descendus jusque dans
la partie la plus profonde de la grotte par une
sorte d' " entonnoir ", visible en contrebas.
Malgré cette
histoire tourmentée la grotte est aujourd'hui
un exemple de stabilité puisque les stalagmites
qui se sont formées sur les derniers blocs
sont vieilles d'environ 15.000 ans. Aucune construction
humaine ne peut revendiquer une telle longévité.
Si les gouttes
d'eau restent suffisamment longtemps au plafond
avant de tomber, elles y déposent du calcaire
et forment des stalactites. Si elles ruissellent
sur une paroi inclinée, elles déposent
des filets de calcaires qui s'empilent pour former
des draperies. Certaines sont translucides car elles
sont très fines. La calcite qui forme les
draperies est naturellement blanche et transparente.
Les teintes, de l'ocre au brun, sont dues à
des argiles, des oxydes de fer et de la matière
organique que l'eau a rencontré et déplacé
lors de son infiltration à travers la masse
calcaire.
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La partie terminale de la visite située à
120 mètres sous-terre , permet de voir la
galerie originelle qui a été creusée
il y a 6 millions d'années lorsque l'eau
y circulait encore. Des traces de corrosion sur
les parois de la galerie illustrent cette histoire
ancienne de la grotte. Les piliers colossaux se
sont formés après le départ
des eaux.
Un spectacle
son et lumière valorise cette salle, la visite
s'achève ainsi sur des notes souterraines
et le retour à la surface s'effectue par
ascenseurs.
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